L’hypersensibilité, ça se soigne ?

Edito Mars-Avril 2018

L’hypersensibilité, ça se soigne ?

Je rencontre de plus en plus de gens autour de moi usés et désabusés par leurs émotions exacerbées. Cela me rappelle des périodes difficiles dans ma vie quand rien ne fonctionnait. Des moments de souffrance, d’incompréhension, d’isolement, de combat intérieur, de dépendance affective en attendant que quelqu’un vienne me sauver de moi-même…

Aujourd’hui, je sais que ceci a un nom : « l’hypersensibilité ». L’hypersensibilité est un trait de caractère qui touche environ 15 à 20% de la population.

Il s’agit d’une hyperstimulation du système nerveux. Des stimulations ou informations sensorielles qui arrivent de tous les côtés et quasiment en continu, multipliant ainsi les connexions neuronales. L’activation du système nerveux déclenche des émotions dont nous n’avons souvent pas conscience. En apprenant à être plus à l’écoute de notre corps, nous pouvons remarquer des tremblements, des tensions musculaires, de la transpiration, la boule au ventre, de la désorientation…

Contrairement à ce que pensent la plupart des gens, les émotions sont des « guides ». Elles nous indiquent comment réagir dans les différentes situations. Une colère incite à se défendre, la tristesse à prendre soin de soi pour assimiler une déception et mieux repartir… Et normalement une émotion ne dure que quelques secondes à quelques minutes. Mais avons-nous appris à nous occuper correctement de nos émotions, à les accepter, les exprimer, les traverser de manière cohérente ? La plupart du temps, nous ravivons les émotions négatives déjà bien installées, histoire de remplir un peu plus la « poubelle ».

Alors imaginez une personne très sensible sollicitée en permanence sur le plan sensoriel, émotionnel. Les émotions négatives issues de situations difficiles voire incomprises s’accumulent et engendrent souvent des déséquilibres corporels, appelés réactions « psychosomatiques »…

La personne sensible a une perception plus fine et aigüe de tout ce qui l’entoure et en même temps un seuil de tolérance plus faible. Le bruit dérange, les lumières éblouissent, elle est plus assujettie aux allergies… Elle s’épuise donc plus facilement et n’a pas de réserve. Encore aujourd’hui, quand je n’ai pas dormi suffisamment trois nuits de suite, il m’arrive d’être à fleur de peau et de faire des crises de pleurs.

La personne hypersensible réfléchit et cogite beaucoup. Elle est dans l’introspection, l’analyse et il lui arrive souvent de douter d’elle-même. Elle est consciencieuse voire perfectionniste, déterminée voire obstinée, cherchant impérieusement à contrôler sa vie. Vous l’aurez compris, ceci génère beaucoup d’anxiété et de stress.

Aussi, la personne sensible est très empathique et peut laisser plus de place aux autres qu’à elle-même… Elle perçoit le danger avant tout le monde et sera d’un secours précieux pour écouter, rassurer, trouver une solution aux problèmes des autres. Le cœur sur la main et les portes grandes ouvertes, elle se met facilement au service d’autrui et ne sais pas dire NON. Elle n’est pas suffisamment à l’écoute de ses propres besoins. Et comme elle n’a pas appris à prendre suffisamment soin d’elle-même, l’hyperstimulation sensorielle aura raison d’elle. Rapidement les émotions débordent, la personne devient susceptible, irritable, en colère… la vie bascule, le trou noir, trop de questions sans réponses.

L’hypersensibilité nécessite d’assumer sa différence. Il s’agit d’aménager sa vie au lieu de la subir afin de profiter pleinement de sa créativité et de son imagination. Il y a vraiment des choses à savoir ET à mettre en place pour mieux accepter ce potentiel.

Aujourd’hui j’ai appris à l’apprivoiser et à accepter que je suis différente des autres. J’ai appris à prendre soin de moi quand je fatigue plus vite que les autres au lieu de me culpabiliser.
J’ai appris à lâcher prise quand ça devient trop dur au lieu de m’acharner.
J’ai appris que mes qualités sont utiles aux autres et que ceci me donne une responsabilité.

Enfin le bonheur quoi !

AUTEUR

IdentUIrike

Ulrike Lefebvre
Psychosomatothérapeute, Art-thérapeute

Commentaires (1)

  • ccahn

    26 février 2018 à 12:36 |
    Sujet touchant au sens propre et au sens figuré pour une ancienne thérapeute que j'étais et dont le métier était de soigner avec mes mains en plus! prise parfois pour un zombie par les autres qui disaient "mais qu'est que tu as, ça va pas?"

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